Les concerts pour les oies et les dindons
L’une des histoires les plus pittoresques liées à la famille Pitxot raconte que les frères musiciens organisaient, dans la propriété, des concerts pour les oies et les dindons. L’anecdote correspond bien à la réputation excentrique et artistique de la famille : on disait qu’ils considéraient ces animaux comme de meilleurs auditeurs que certaines des personnes qui fréquentaient la maison.
La scène résume parfaitement l’atmosphère de Sos Pichot : musique, invités, jardins, animaux et un mode de vie peu conventionnel dans le Cadaqués du début du XXe siècle.
La première automobile arrivée au village
Une autre histoire liée aux Pitxot attribue au peintre Ramon Casas l’arrivée de l’une des premières automobiles à Cadaqués, lors d’une visite à la famille. À cette époque, l’accès au village par voie terrestre restait difficile et le véhicule dut faire une impression considérable sur les habitants.
L’ouverture de la route au début du XXe siècle mit progressivement fin à l’isolement terrestre de Cadaqués et transforma à la fois ses communications et son développement urbain.
Picasso arriva sur l’invitation de Ramon Pichot
À l’été 1910, Pablo Picasso et Fernande Olivier se rendirent à Cadaqués à l’invitation de Ramon Pichot. Ce séjour eut une influence importante sur l’évolution de la peinture de Picasso : le paysage maritime et l’architecture du village sont associés à une phase de plus en plus complexe et hermétique du cubisme.
Lídia de Cadaqués se crut être « La Ben Plantada »
Lídia Noguer fut l’un des personnages les plus singuliers de l’histoire locale. Après avoir rencontré l’écrivain Eugeni d’Ors, elle finit par se convaincre qu’elle était la femme idéalisée dans son livre La Ben Plantada. Elle apprit par cœur des fragments de l’œuvre et commença à interpréter des textes, des gestes et des événements comme des messages qui lui étaient personnellement adressés.
Sa figure devint si étroitement liée à l’imaginaire du village qu’il existe aujourd’hui deux sculptures symboliques qui lui sont consacrées, placées sur des rives opposées de la baie : l’une sur l’avenue Víctor Rahola et l’autre à Riba Pitxot.
La maison de Lídia accueillit artistes et écrivains
La demeure de Lídia Noguer, située à Es Llaner, n’était pas seulement une maison de pêcheurs. Eugeni d’Ors y séjourna et, quelques années plus tard, Pablo Picasso et Fernande Olivier y passèrent également quelque temps. La maison fut l’un de ces lieux où le monde traditionnel de Cadaqués croisait les artistes et les intellectuels qui commençaient à fréquenter le village.
Un village fortifié contre les attaques venues de la mer
Pendant des siècles, Cadaqués subit les attaques de pirates, de corsaires et d’autres incursions venues de la mer. Cette insécurité obligea à protéger et à fortifier le noyau ancien, concentré autour de l’église et des rues en hauteur du centre historique.
Cette menace explique pourquoi le développement hors les murs fut d’abord lent et pourquoi les maisons du front de mer se développèrent progressivement à mesure que le danger diminuait.
Les potagers que presque personne n’imagine aujourd’hui
Avant que Cadaqués ne soit principalement associé à la mer, au tourisme et aux artistes, il existait aussi un paysage de potagers, de norias et de petits canaux d’irrigation. Anna Maria Dalí se souvenait d’un Cadaqués intérieur rempli de terres cultivées, de fleurs et de paysans travaillant à l’aube ou en fin d’après-midi.
Cette image est très différente de la carte postale actuelle et aide à comprendre que la vie traditionnelle du village ne dépendait pas exclusivement de la pêche.
Port Alguer, devenu paysage artistique
Port Alguer est devenu internationalement reconnaissable grâce aux peintures de jeunesse de Salvador Dalí. L’artiste représenta à plusieurs reprises ce petit front de mer et en fit l’un des paysages associés à ses premières années à Cadaqués.
La présence de Port Alguer dans ses œuvres explique pourquoi le lieu conserve aujourd’hui une valeur artistique qui dépasse son importance historique et maritime.
Cadaqués ne conserve pas seulement des bâtiments et des paysages, mais aussi des histoires où se mêlent réalité, extravagance et légende.
Les familles d’artistes, les pêcheurs, les écrivains et des personnages comme Lídia Noguer ont contribué à façonner l’image d’un village isolé, créatif et difficile à comparer à tout autre lieu de la Costa Brava.
